" C'est (pas) marqué sur mon front " est un travail personnel entamé en mars 2012. Il s'agit d'une galerie de portraits réunissant une trentaine de modèles, des hommes et des femmes noires, des cadres, des intellectuels. C'est sciemment que j'ai choisi de ne pas demander à des sportifs et des musiciens de poser pour moi… Les portraits sont pris sous le même angle, avec la même lumière à la même distance et les peaux ne sont pas retouchées. Quand j'étais jeune garçon, je n'avais pas assez d'exemples positifs à travers lesquels j'étais susceptible de me projeter. Autour de moi je ne voyais personne qui me ressemblait et les seules icônes étaient des gens comme Michael JACKSON ou Michael JORDAN... La démarche est avant tout artistique. Il n'y a pas de jugement de valeur. Je veux délivrer un message d'amour et de droit à la diversité. Le but est aussi de donner l'envie aux plus jeunes issus des minorités, à ceux qui ont une mauvaise estime d'eux-mêmes, l'envie de réussir. Il s'agit de dire que c'est possible. Parce que je suis black...euh noir ! Parce que je suis fier d'être français, parce que je suis fier de travailler à l'éducation nationale, parce que je suis multiple et fier d'appartenir à un monde métissé, mélangé, avec toutes ces différences, parce que je crois au modèle, à l'exemplarité. Ce travail est le fruit d'une démarche personnelle et engagée. Il évoque bien évidemment la problématique des préjugés et des stéréotypes. Mes ambitions sont les suivantes : Susciter de l'émotion et faire en sorte que les gens s'interrogent et se rencontrent à travers des expositions, l'écriture d'un livre photographique.

Max Tchung Ming, créateur du projet

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Max Tchung-Ming nous incite par son travail à porter un regard nouveau sur l’autre, sans préjugés. Conscient que notre propre identité est bien plus marquée par la multiplicité des perceptions que par la vision que nous avons nous même, l’artiste nous entraine à nous rapprocher de ses sujets pour mieux comprendre leur réalité. Brisant les chaines aujourd’hui invisibles des noirs qui peinent à trouver leur place dans une société et un monde professionnel où les a priori ont la vie dure, Max Tchung Ming propose une galerie de portraits de femmes et d’hommes qui ont réussi à imposer leurs compétences. Sans excès d’honneur et sans indignité, en évitant le cliché éculé de l’exception spectaculaire qui sert de prétexte à une discrimination ordinaire, l’exposition nous présente sans fard les visages d’une nouvelle classe moyenne exemplaire pour tout ceux qui sont encore floués du système.

L’image est brute, comme extraite du temps, suspendue à l’histoire de ces visages qui témoignent le plus naturellement possible du chemin qui relie le fruit aux racines. La chromie et le traitement de la lumière viennent renforcer cette intemporalité qui nous donne à réfléchir collectivement à l’altérité, à l’évolution de nos perceptions dans l’espoir qu’un jour les professions ne constituent entre les Hommes q’un élément ni plus ni moins distinctif que la couleur de la peau.

«C’est (pas) marqué sur mon front» est le reflet simple et tendre de ses âmes témoins des cicatrices encore douloureuses du passé et des brimades banalisées d’une société en mal de bienveillance. Cette exposition est surtout une formidable invitation à saboter l’oeil universel pour poser un regard chargé d’espérance sur notre humanité et sa capacité à progresser.

Jean-Phillipe Dugault